Le Chinois – Henning Mankell

poster_150930Par un froid matin de janvier 2006, la police de Hudiksvall, dans le nord de la Suède, fait une effroyable découverte. Dix-neuf personnes ont été massacrées à l’arme blanche dans un petit village isolé. La policière Vivi Sundberg penche pour l’acte d’un déséquilibré. Mais la juge de Helsingborg, Birgitta Roslin, qui s’intéresse à l’affaire car les parents adoptifs de sa mère sont parmi les victimes, est persuadée que ce crime n’est pas l’œuvre d’un fou. Elle mène une enquête parallèle à partir d’un ruban de soie rouge trouvé sur les lieux qui raconte une tout autre histoire et l’entraîne dans un voyage vers d’autres époques et d’autres continents, et surtout en Chine, cette nouvelle superpuissance en pleine expansion sur la scène mondiale. À son insu, Birgitta Roslin est prise dans l’engrenage d’une machination géopolitique qui finira par mettre sa vie en danger.

Le chinois est le premier Henning Mankell que je lis sans Kurt. Cet inspecteur attachant qui nous donne envie de visiter Ystad et la Scannie, un brin bougon, incarné avec brio par Kenneth Brannagh dans l’adaptation de la BBC. Ici avec Le Chinois, Henning Mankell écrit un roman coup très différent, il ne suit pas l’enquête policière de la même façon et se permet plus volontiers d’aller dans d’autres pays, ici, la Chine, l’Angleterre, mais aussi dans d’autres époques. 

C’est un roman qui prend progressivement aux tripes, et qu’on ne lâche plus. Henning Mankell a, en 500 pages, écrit l’histoire d’une famille chinoise, des années 1870 à nos jours, de l’évolution de cet immense pays, des individus, des mentalités. 

Le centre de l’histoire, se passe à Helsingborg, dans le bureau de la juge Brigitta Roslin, qui va découvrir un peu par hasard qu’elle a des liens avec une des familles assassinée dans leur maison au nord du pays. Brigitta va donc mener l’enquête pour comprendre. En dehors des cercles officiels et sans autorisation, en partant d’un bout de ruban trouvé dans la neige, elle va aller sur les traces d’un chinois. Mais l’enquête officielle a pris un tour bien différent et Brigitta (qui discutera avec l’enquêtrice Vivi Sundberg) n’aura pas la possibilité de la convaincre.

Brigitta Roslin, en congé maladie, va donc partir en voyage, pour oublier cette histoire, elle accompagnera son ancienne amie qui fait une série de conférence, en Chine. Là bas, à l’intérieur de ce pays qu’elle a vénéré plus jeune, combattante pour la liberté comme Mao, elle réalisera l’évolution de cette civilisation, toujours en perpétuelle mouvement. Où les conflits entre tradition et modernité sont au coeur du pouvoir.

Henning Mankell s’est beaucoup documenté sur la Chine, sur les orientations politiques des dirigeants, sur leurs désirs. C’est un roman très intéressant à ce niveau là, dans la découverte plus en profondeur de ce pays. La famille des chinois dont parle le livre aura traversé le monde entier, recherchant au départ à survivre, puis à se venger des malheurs qui leur sont arrivés. Les personnages sont attachants, on entre de suite dans l’histoire avec ce prologue, où un loup solitaire trouver à manger un corps humain. 

Le fil linéaire de l’histoire prend la base de deux histoires, deux journaux intimes, d’un coté un suédois dans l’Amérique des années 1880, avec la construction d’une voie de chemin de fer, avec des ouvriers, noirs, irlandais, chinois etc, qu’il menait à la baguette. Et l’autre, celui de San un chinois qui fuya son village natal avec ses deux frères lorsque ses parents moururent pour se retrouver à entreprendre le tour du monde. 

Ya Ru et Hong Si, les deux descendants de San ont chacun une manière différente de voir l’avenir en Chine, ces frères et soeurs que tout oppose vont s’affronter, jusqu’au bout, pour leur pays et l’avenir du communisme.

Le Chinois est un roman brillant qui retranscrit bien deux ambiances différentes entre deux pays et deux civilisations éloignées.

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2 réflexions sur “Le Chinois – Henning Mankell

  1. Pingback: Le Chinois – Henning Mankell | Un Art Quotidien

  2. je me vois encore, l’été dernier en Savoie, il était de toutes les sorties dans mon sac à dos, malgré la taille et le poids! mais j’avais du mal à le lâcher.

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