Possessions – Eric Guirado

Marilyne et Bruno Caron arrivent dans un village de montagne pour emménager dans un chalet qu’ils ont loué à Patrick Castang, promoteur et propriétaire de nombreuses habitations dans la région. Contents de quitter le nord de la France pour démarrer une nouvelle vie, ils acceptent sans sourciller quand Castang leur annonce qu’il va les loger momentanément dans un autre chalet de grand standing car le leur n’est pas terminé. S’ensuivra alors une succession de déconvenues qui va les conduire à déménager de nombreuses fois, avec le sentiment grandissant d’être traités sans aucune considération, alors même que les Castang multiplient patiemment et avec bienveillance les efforts envers eux. Les relations entre les deux familles vont se tendre. Bruno et Marilyne Caron, ne supportent plus d’avoir sous leurs yeux le bonheur et l’abondance de biens des Castang.

Eric Guirado a réalisé il y a quelques années Le fils de l’épicier, un très bon film sur le retour aux sources d’un jeune citadin, avec Possessions on part dans un autre genre, un autre univers totalement différent. Possessions raconte la montée d’une haine violente, due à la jalousie, à l’étalage des richesses d’un coté et le dénuement de l’autre. Ce film est inspiré d’un fait divers, la tragique disparition de la famille Flactif qui fut assassinée dans sa maison. Eric Guirado a imaginé des raisons à ce crime. Ici il part sur une idée de jalousie, d’un affrontement entre ces deux familles très différentes.

Jérémie Rénier et Julie Depardieu, les Caron, décident de déménager dans une ville des Alpes, pour loger dans un chalet qu’ils vont louer à un couple les Castang (interprétés par Alexandra Lamy et Lucien Jean-Baptiste). Les Caron, lui est garagiste, elle, cherche des ménages à faire. Ils rêvaient des montagnes depuis leurs lotissements du nord de la France, ils imaginaient un avenir sans nuage. Le chalet qu’ils devaient louer est en retard de construction. Voici le premier problème. Le couple propriétaire se veut arrangeant et leur met à disposition un chalet de grand standing de manière provisoire. Ils n’auront guère le temps de s’habituer au luxe. Le provisoire sera de courte durée, les vacances de Noël arrivent et le chalet sera loué à d’autres personnes. Ici commence le lent cheminement de la haine, se faire balader de cette manière, les Caron n’apprécient pas. Ils n’osent pour l’instant pas affronter le propriétaire. Celui ci a toujours le dernier mot.

Petit à petit, la différence entre les deux familles deviendra tellement importante que tout ressurgira, les Caron se sentiront méprisés, écrasés par la richesse et l’arrogance (supposée) des Castang.

Le film est bien fait car il essaie de montrer sans juger les deux camps, pourquoi les Caron se sentent insultés alors que les Castang semblent faire du mieux possible ?  Mais la montée lancinante de la jalousie est sans appel, rien ne peut arrêter l’homme qui se plaint sur son sort. Les Castang ne se rendent pas compte qu’ils exagèrent et que leur richesse et leur bonheur (apparent) peut susciter la jalousie face à ce couple démuni et brisé.

Les seconds rôles joués par les enfants sont remarquable de sincérité, un grand bravo pour la jeune fille des Caron qui joue très bien. Le film devient progressivement de plus en plus sombre, les plans du film se noircissent au même rythme que la haine naissante de Jérémie Rénier. Les cadrages se resserrent, la famille souffre, la famille se brise. Les familles…

Le film ne laisse pas vraiment le spectateur respirer, le déchainement de la violence arrive à la toute fin, le spectateur sort de la salle, perturbé. Quel est ce besoin d’avoir envie de ce qu’on n’a pas ? Pourquoi avons nous besoin de toujours plus ? Ne peut-il pas y avoir de bonheur simple ?

Le film pose ces questions sans apporter de réponses.

Le meurtrier de la famille Flactif purge sa peine, ayant détruit sa vie, celle de sa famille et de ses amis.

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