Trois mondes – Catherine Corsini

trois mondesAl est un jeune homme d’origine modeste à qui tout réussit : il se marie dans huit jours avec la fille de son patron et doit prendre la tête de l’entreprise de son futur beau-père. Une nuit, après une soirée arrosée à fêter dignement tous ces projets d’avenir, il renverse un inconnu. Poussé par ses deux amis d’enfance, il abandonne le blessé et s’enfuit.
De son balcon, Juliette a tout vu. Hantée par l’accident, elle va aider Véra, la femme du blessé, à retrouver l’homme qu’elle a vu fuir.

Le thème du témoin a déjà été vu chez Lucas Belvaux en début d’année (38 témoins), ici, la réalisatrice Catherine Corsini ne s’attarde pas seulement sur le regard du témoin, mais interroge aussi la conscience du chauffard, et soulève la douleur de la perte d’un être cher. Le film Trois mondes s’applique à dessiner le portrait de ces trois vies différentes. Al, Juliette et Véra, les trois visages de l’affiche, tous liés par cet accident. Le récit nous touche et l’on se pose beaucoup de questions. Malheureusement le film reste un peu trop vague, nos questions restent sans réponses. Le film n’a pas un but didactique. Il se pose juste en miroir de l’âme humaine.

Aider. Ou laisser filer.

S’enfuir. Ou rester.

Entre les remords du chauffard, ses envies de se racheter une conduite. Ce n’est pas la prison qui l’inquiète. Mais les remords perpétuels. Se rendant compte quel homme il est en train de devenir. Il prend peur. Et veut le pardon.

Combien coûte une vie ? Surtout celle d’un immigré moldave, qui n’a travaillé qu’au noir et n’a pas de Sécurité Sociale pour payer l’hôpital et les frais.. Payer pour laver sa conscience ? Est ce que cela sera suffisant ?

Et au milieu du chauffard et de la victime, la magnifique Juliette (Clotilde Hesme) joue les messagers, comprenant les remords de Al, partageant la douleur de Véra, entre les deux, au milieu, ne pouvant pas choisir son camp, elle se retrouvée prise au piège de ses décisions, de ses actes. Seulement témoin, elle se retrouve embarquée dans l’histoire, menacée par la famille de Véra, prise au piège par les sentiments naissants avec Al : Juliette est complètement bouleversante.

Plus encore que la vision de la douleur de Vera (« Lorna » des Frères Dardenne : Arta Dobroshi) et le regard apeuré de Raphaël Personnaz, c’est Clotilde Hesme qui porte le film sur ses épaules, par son regard, son visage, sa pureté. Le film ne prend pas la même direction que 38 témoins mais bouleverse tout autant.  Trois mondes n’est pas le film de l’année, mais il est important de voir des films comme celui ci, pour mieux appréhender la conscience humaine.

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Une réflexion sur “Trois mondes – Catherine Corsini

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