Frantz – François Ozon

003083-jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxAu lendemain de la guerre 14-18, dans une petite ville allemande, Anna se rend tous les jours sur la tombe de son fiancé, Frantz, mort sur le front en France. Mais ce jour-là, un jeune Français, Adrien, est venu se recueillir sur la tombe de son ami allemand. Cette présence à la suite de la défaite allemande va provoquer des réactions passionnelles dans la ville.

Frantz est un film tourné en allemand, réalisé par François Ozon, l’auteur de grands films et de scénarios épatants qu’on ne présente plus. J’aime beaucoup Ozon et je crois avoir vu et apprécié presque tous ses films, sans Le refuge qui m’a laissé froid. J’étais donc impatient de découvrir ce film en noir et blanc, l’image très travaillée et ce grand Pierre Niney.

Après la projection, j’étais plutôt déçu par le film. Déçu car j’espérais un film un peu plus fou. Certaines options du scénario n’étaient pas de mon goût… Ozon a plutôt l’habitude de désarçonner son spectateur par quelques touches habiles. Ce film est très beau esthétiquement, avec quelques bonnes idées au niveau du scénario, mais il est un peu long et lent.

Le duo d’acteurs est touchant et une larme est venue dans la première demi heure germer dans mes yeux, mais l’émotion que j’espérais intense s’est arrêtée là. Pierre Niney (toujours excellent), vient jouer le rôle d’un soldat français qui, juste après la fin de la guerre, se recueille sur la tombe de son ami allemand. Dans un monde où l’ennemi français est très mal vu, il va essayer de se faire une place dans cette famille endeuillée où la jeune fiancée (Anna interprétée par l’enthousiasmante Paula Beer) s’abreuve de ses récits.

Très beaux moments d’émotions lorsque Adrien Rivoire prend le violon de Frantz, et commence à caresser les cordes. Prenant petit à petit plus de place dans cette famille, Adrien sentant un piège s’enclencher fera marche arrière et traversera la frontière.

Film en deux parties, allemande puis française pour voir l’état des deux cotés de la frontière. Des passages qui font penser au prix Goncourt « Au revoir la haut », des gueules cassés, des vies détruites par la guerre faite par des jeunes hommes poussés par le patriotisme de leurs parents.

François Ozon a totalement changé de registre avec Frantz. Prenant des risques avec une fiction en grande partie en langue étrangère. Un film qui malgré des beaux moments ne restera pas gravé dans nos mémoires. Un peu décevant.