Irréprochable – Sébastien Marnier

irreprochableSans emploi depuis un an, Constance revient dans sa ville natale quand elle apprend qu’un poste se libère dans l’agence immobilière où elle a démarré sa carrière, mais son ancien patron lui préfère une autre candidate plus jeune. Constance est alors prête à tout pour récupérer la place qu’elle estime être la sienne.
Premier film d’un réalisateur français, Irréprochable fait penser au Couperet de Costa Gavras, mais là où José Garcia tenait son projet d’une main de fer, solide, sérieux et appliqué dans sa quête ultime, le retour sur le marché de l’emploi, ici Marina Fois, excellente dans ce rôle, est beaucoup plus instable, nerveuse, collérique, qui passe d’une émotion à l’autre en une fraction de seconde.
Un très beau travail d’actrice, pour petit à petit faire surgir la folie de cette femme, prête à tout pour récupérer son poste d’agent immobilière d’une petite ville.
 
Fuyant Paris, ruinée, dormant dans des appartements vides mis en vente par l’agence où elle travaillait, à bout de souffle, elle va rentrer chez sa mère, retourner voir ses anciens amis, son ancien travail pour repartir de zéro.
 
Recommencer à vivre à 40 ans, alors qu’elle a perdu tant d’illusions, le combat sera difficile.
 
Une personnalité très complexe, attachante et repoussante en même temps. Une personne qu’on n’aimerait pas avoir dans son entourage. Cette femme jouant de ses charmes, flirtant, deviendra amie de la personne qui a « pris » son poste. Une jeune femme sortant de l’école, qui a accepté son premier travail d’agent immobilière en travaillant comme indépendante, payée uniquement à la commission. Cette fille, très jolie, avec un amoureux à l’autre bout du monde (mais dans un endroit qui ne la fait pas rêver pour le rejoindre), se confiera à cette amie, sur ses envies, ses rêves, ses projets.
 
Un thriller qui pose ses cartes petit à petit, distillant quelques informations progressivement, nous révélant des non dits, des mensonges… J’ai beaucoup aimé l’ambiance, souvent glauque de cette petite ville, le pavillon de banlieue qui sent l’humidité, où Marina Fois se nourrit de maïs directement dans la boite. Un excellent film oppressant, où tout va crescendo, et où Marina Fois excelle dans ce contre emploi, loin des pitreries, avec parfois un petit air espiègle…