Verdict – Justin Peacock

Joel Deveraux est à l’orée d’une brillante carrière dans un cabinet réputé d’avocats d’affaires new-yorkais. Mais celle-ci est brisée net par une sinistre histoire de drogue, et Joel se retrouve du jour au lendemain avocat commis d’office dans de minables affaires de délinquance. Lui qui ne fréquentait que les hautes sphères se retrouve ainsi dans les rouages les plus misérables du système juridique, parmi les pauvres et les déshérités. Vient enfin le jour où il est affecté à une affaire plus importante, aux côtés d’une autre avocate, Myra Goldstein. Un dealer notoire est accusé du meurtre d’un jeune étudiant. Le suspect est noir, la victime juive et blanche. Lors d’un procès passionnant, aux rebondissements multiples, Joel va vite comprendre qu’en matière criminelle la culpabilité ou l’innocence d’un prévenu importe moins que la force de persuasion de son avocat. Et que le verdict dépend bien souvent de celui qui aura su raconter l’histoire la plus convaincante.

Ce premier roman est une vraie bonne surprise, Justin Peacock, avocat de profession réussit à nous passionner avec, une fois n’est pas coutume, des avocats commis d’office, Joel et Myra. Un duo de choc. Alors qu’avec Connelly nous sommes plutôt habitués aux talentueux avocats de la Défense qui roulent en Lincoln, qui portent des costumes à 500 dollars ou plus, ici on touche les bas fond de la justice américaine, toujours liée à la drogue, vilaine habitude des coins de rues malfamés et des locataires d’appartements en manque d’émotions forte. Joel, promis à une carrière où il n’aurait eu à compter que les zéros sur ses fiches de paie se retrouve embarqué au début du livre par une jeune femme, dans la drogue dure, l’héroïne. Sa carrière prendra un tour différent. 6 mois après une suspension il essaie de retrouver du travail mais tous les bureaux d’avocats sérieux refusent un jeune avocat aux problèmes de drogue, c’est en tant que commis d’office qu’il reprendra le chemin des barreaux.

On va côtoyer de nombreux prévenus, coupables de délits mineurs liés à la drogue ou de meurtres, les prévenus que nous présente Justin Peacock sont touchants, pris dans le système de la drogue, coupables ou victimes, ils seront broyés par la justice américaine qui ne fait pas trop de cas de ces déshérités (parfois). La drogue se retrouve dans toutes les lignes du livre, la ligne jaune à ne pas franchir en matière de justice, et la ligne de la poudre blanche qui donnerait du piquant, du peps, de l’énergie… ou pas…

Joel Devereaux dans son combat d’avocat commis d’office est touchant, il découvre le monde de la rue alors qu’il était « de la haute ». Son passé refera surface alors qu’il pensait se maîtriser. Le thème du livre qui n’est pas seulement la drogue mais la justice, nous montre bien les plaidoiries sous un jour nouveau, loin des séries télés et des films d’avocats, ici, Justin Peacock nous embarque dans une course aux talents oratoires, à rendre convaincante une histoire, un alibi, ou à rechercher un coupable différent. Les avocats paraissent sans scrupules quand il s’agit d’obtenir un verdict, détourner la vérité, démêler le mensonge dans les paroles du témoin, déconstruire un témoignage, briser la ligne d’attaque du procureur. On est complètement pris au piège comme tous les personnages. L’auteur réussit son tour de passe passe de manière très brillante. Justin Peacock est un auteur à surveiller.

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