Dheepan – Jacques Audiard

dheepanFuyant la guerre civile au Sri Lanka, un ancien soldat, une jeune femme et une petite fille se font passer pour une famille. Réfugiés en France dans une cité sensible, se connaissant à peine, ils tentent de se construire un foyer.

Tout nouveau film de Jacques Audiard m’attire énormément depuis Le prophète qu’on avait vu dans la chouette salle du cinéma indépendant à Birmingham. Après De rouille et d’os (encore meilleur) superbe film, émouvant, et bouleversant, Dheepan me semblait LE film à voir cet été, surtout que la Palme d’Or à Cannes le récompensait.

A chaque Palme on se pose la question, est ce mérité ? N’y avait-il pas un film qui avait plus d’intérêt ? La Palme est très souvent politique et ce film sur des demandeurs d’asile a une grande résonance actuellement.

Dheepan, le film, ne m’a vraiment pas convaincu. Je n’ai pas aimé les partis pris du réalisateur, le scénario trop confus ne nous éclairait pas assez sur des éléments qui auraient pu avoir une plus grande importance. Jacques Audiard a réalisé un film inégal. Très lent et un peu ennuyeux, il devient dans les dix dernières minutes complètement fou. Alors que la conclusion du film De rouille et d’os m’avait marqué et me marque encore, ces dix dernières minutes là s’oublieront très vite. Déchainement de violence et paradis retrouvé de l’autre coté de la Manche… C’est un peu facile.

Le film, en VO, est entièrement, ou presque, joué en Tamoul, les acteurs indiens sont convaincants, mais il n’y avait pas assez d’émotion dans cette vie de famille reconstituée pour me convaincre. Le film étant centré sur l’homme et la femme, on oublie totalement la petite fille de 9 ans, qui est une des seules à s’adapter, à parler le français. Le réalisateur ne s’attarde pas du tout sur elle, je trouve ça bien dommage. On la voit en coup de vent.

La banlieue représentée par le film semble crédible à nos yeux de spectateurs inhabitués à ce style de vie, ces barres d’HLM où les cages d’escaliers sont le lieu de trafics, où les personnes sont fouillés en entrant… Les meilleurs moments dans le film, ce qui aurait pu être bien de développer, se passaient dans l’appartement du vieil homme handicapé, lorsque la femme de Dheepan s’occupait de lui, pour les repas. Cette discussion impossible aurait pu apporter une autre ambiance au film. Jacques Audiard m’a vraiment déçu. L’avez vous vu ? Qu’en pensez vous ?

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