California Dream – Ismet Prcic

california-dream,M102596Trois secondes. Quand il entend le bruit d’un tir au canon, Ismet sait qu’il a exactement trois secondes pour se mettre à l’abri. Et à 18 ans, cela fait longtemps qu’il sait reconnaître le bruit des bombardements. Mais Ismet a trouvé un moyen pour fuir les horreurs de la guerre : le théâtre. Et quand sa troupe est invitée en Écosse, il quitte le pays. Destination finale : la Californie.
Là-bas, Ismet devient Izzy, pourtant il reste hanté par ceux qu’il a laissés. Le jeune homme se met alors à écrire, à tout écrire : de ses jeux d’enfant obsédé par les ninjas au cheddar offert à son arrivée sur le sol américain, de la visite médicale où il croise un certain Mustafa au destin qu’il imagine à ce jeune Bosniaque, envoyé au front et blessé…
déchiré entre sa face A(méricaine) et sa face B(osniaque), Ismet porte un roman aussi beau que bouleversant sur la jeunesse en temps de guerre et la douleur de l’exil.

Ce roman provoque tous les effets de la littérature. Provoque le genre littéraire. Provoque le lecteur… aussi.

Ismet Prcic, j’ai aimé, puis j’étais dérouté, surpris, prêt à renoncer. Accélérant la lecture. Revenant en arrière. Reprenant le fil linéaire… (aussi saugrenu qu’il soit).

Ce livre est déroutant car il est très mélangé. Beaucoup de choses différentes, de l’autobiographie, de la fiction, tout se chevauche. Le lecteur est un peu pris à la gorge, selon moi, aucun temps de répit.

Pas toujours envie d’aller au bout. J’ai eu beaucoup de mal et du coup à la fin, ce livre reste plutôt comme un livre iconoclaste, mais pas à mon goût. Pas un coup de cœur, malgré l’histoire…

L’histoire de ce jeune bosniaque, en pleine guerre… On découvre sous ses mots l’enfer qu’ils vivaient, la peur de la mort… cette mort qui rodait sans cesse… L’individu que tu croisais dans la rue un jour, pouvait n’être plus là le lendemain.

Ce qui perturbait le plus… Ismet Prcic rencontre Mustafa, pour une visite médicale, puis auprès d’un chien mort, puis dans ses rêves et la on perd le fil. Existe t-il ? Ou pas. C’est la que la fiction prend le pas sur l’autobiographie classique, là, sur ces pages de l’histoire de l’adolescence au milieu de la guerre…

Ce roman est très intense, mais sans doute trop novateur. Des pages se succèdent dans un style narratif stupéfiant. Plus de points, ni de virgules, les mots purement et simplement, créant des phrases vident de sens pour la plupart. Mais ne résumons pas ce livre à ce passage (plutôt court heureusement) montrant la folie  naissante du narrateur.

California Dream surprend, parle à nos cœurs d’européens chanceux d’être toujours du bon coté, loin des conflits. Car ces adolescents qui ont eu notre age à cette époque, qui ont vécu tant de choses, ont forcément été détruits à l’intérieur. Leurs rêves les renvoient sans cesse à cette période. Ces morts. Des cochons qui se régalaient de cadavres.

J’étais loin de m’attendre à un tel choc. J’ai été trop malmené par le style. L’histoire m’a beaucoup plu en revanche, que le théâtre sauve Ismet, lui permette de s’enfuir. Mais s’enfuie t-on réellement quand on laisse sa famille derrière, sa mère, son frère et son père. S’enfuie t-on réellement quand on se sent lâche d’avoir abandonné son pays ? Des beaux thèmes, des passages sublimes, mais un mélange trop difficile à suivre.

Une réflexion sur “California Dream – Ismet Prcic

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