Messieurs les enfants – Daniel Pennac

Crastaing, le vieux prof inoxydable qui a transformé des générations de potaches en statues de sel, a donné, pour mater les rebelles, le sujet de rédaction suivant :  » Vous vous réveillez un matin transformé en adulte. Complètement affolé, vous vous précipitez dans la chambre de vos parents. Ils ont été transformés en enfants.  » Mais jouer avec l’imagination c’est jouer avec le feu et la réalité pourrait bien dépasser la fiction.

J’ai retrouvé tout ce que j’ai aimé dans les Mallaussène, en enlevant ce qui m’avait déplu, ce livre Messieurs les enfants est excellent. On y retrouve le style Pennac, les longues descriptions, digressions sur le monde de l’enfance. Ici avec ce sujet, Pennac est servi, il excelle dans l’écriture sur les enfants, alors transformer des enfants en adultes et des adultes en enfant, c’était son sujet de rêve.
Le narrateur omniscient raconte depuis le cimetière ce qui se passe pour Nourdine, Joseph et Igor, leur grande métamorphose, ce parcours initiatique qui va leur faire vivre une drôle d’aventure, découvrir l’allée des femmes, rencontrant Eric le policier roux, et avec leur nouveau rôle de parents vont devoir s’occuper des « enfants », devenant responsables, adultes avant l’âge.

Des scènes cocasses se succèdent à un rythme intense, il n’y a aucuns répits, nos enfants-adultes ont tellement de choses à découvrir sur leurs parents-enfants qu’ils auront bien besoin parfois de ce narrateur omniscient aux pensées utiles.

Voici un exemple d’un discours du professeur Crastaing :

La vérité, c’est que la famille est une espèce en voie de disparition ! On nous serine la perte des valeurs familiales. Des blagues ! C’est la famille elle-même qui a disparu ! Dissoute toute entière par les enzymes médiatiques ! La télévision fabrique de la génération spontanée et vous êtes le désastreux produit de cette manufacture ! Vos postes de télévision vous suffisent, voilà le drame, poursuit Crastaing en long et en large : vous avez des têtes d’écran. Des têtes d’écran avec des oreillettes de baladeur ! Je ne vous demande pas la mer à boire, tout de même ! Je vous demande de vous débrancher pendant quelques heures et d’inventer le réel. Vos parents sont bien réels pourtant ! Ils existent bel et bien, papa et maman, non ? Vos frères et vos sœurs ne sont pas des personnages de Gameboy ! Si ?

Daniel Pennac écrit au début du livre : « A l’ami Pierre Boutron, qui, pendant que j’écrivais ce roman, racontait la même histoire au cinéma. Il ne lira ces lignes que le jour où je verrai son film. Telle a été la règle de notre jeu. »

En effet je me souviens avec vu certains passages de cette histoire au cinéma, avec Pierre Arditi notamment. Je souhaiterai retrouver ce film pour pouvoir le regarder et comparer le film et le livre mais il est difficile à trouver… Je trouve le procédé très amusant, que deux histoires soient racontées sur deux supports différents sans concertation…

Messieurs les enfants m’a réconcilié avec D. Pennac qui m’avait un peu déçu avec La fée carabine. Pour une première initiation à Pennac je conseillerai de lire ce livre, simple, rapide à lire et en même temps universel. On se retrouve encore une fois dans le quartier cher à Pennac, Belleville, avec des personnages hauts en couleur. Ce livre est très agréable à lire. Bravo Mr Pennac et merci.

 

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