Malavita – Tonino Benacquista

MalavitaUne famille américaine que rien ne distingue des autres, deux adultes et deux enfants d’une apparente banalité, une chienne baptisée Malavita d’une étonnante discrétion, un déménagement tout ce qu’il y a de plus ordinaire dans le petit village de Cholong-sur-Avre en Normandie, de nouveaux camarades d’école et une vie qui semble se dérouler sous les auspices de la sérénité, voilà pour le cadre du récit. À ceci près que la famille Blake ne correspond pas du tout à l’image qu’elle veut bien donner d’elle, que le père n’est pas un écrivain mais un ex-chef de clan de la mafia new-yorkaise retourné par les agents du FBI, et que la vie des Blake, soumise à la constante menace de représailles, n’est qu’une suite de fuites, de mensonges et de situations insensées. Fred, Maggie, Belle et Warren tentent, chacun de leur côté, de trouver un sens à leur existence dans cette petite bourgade sans attrait. Maggie épie les riverains sous le regard intrigué des fédéraux chargés de les protéger, Fred se prend contre toute attente pour un écrivain, Belle fait chavirer les cœurs et Warren devient le modèle de la jeune génération de Cholong. Jusqu’au jour où Don Mimino, le chef suprême des « cinq familles » de New York, retrouve inopinément leur trace…

Tonino Benacquista maîtrise plus que jamais l’art de tenir son lecteur en haleine. Ne délaissant ni les clins d’œil, ni les références, ni les réparties qui font mouche, il offre une comédie tout aussi savoureuse que rocambolesque qui emportera l’adhésion complice de ses admirateurs.

J’ai relu ce roman en quelques jours, je l’avais beaucoup aimé lors de la première lecture, découvrant l’univers littéraire de Tonino Benacquista que j’aimais voir en film, La boite noire, et L’outremangeur avec Cantona…

Ce court roman sur la mafia et la Normandie est un vrai bijou, un petit régal. L’auteur dessine le portrait d’une famille, l’humour et les situations cocasses font que ce roman se dévore comme un petit pain au lait.

J’avais, l’an dernier, essayé de lire la suite (Malavita Encore), mais finalement j’avais abandonné au bout de quelques pages, après avoir relu ce livre et découvert à nouveau cette jolie famille je vais essayer de prendre Malavita Encore à la bibliothèque.

Malavita c’est une vie de famille absolument pas comme les autres. Vivant un tel changement entre le luxe et la puissance de Newark ils en sont réduit maintenant à faire profil bas, sous peine de voir la Mafia venir se venger et les tuer, pour une bonne fois pour toute, se débarrasser de cette vermine de Giovanni Manzoni.

Certains situations de ce livre sont un peu aberrantes, on ne croit pas trop en la possibilité que ce petit journal du collège de Cholong puisse faire un tel voyage… mais qu’importe les quelques invraisemblances, on n’est pas là pour gâcher son plaisir.

Benacquista nous emporte avec ses mots parfois crus et durs dans cette vie de mafioso, dans cette génération de truand… Les relations entre le G-Man (l’agent du FBI) et Manzoni sont tendus, ils ne se supportent pas et cela renforce le plaisir du livre et de cette fin décapatante. Manzoni ou plutôt Mr Fred Blake, écrivain, n’est pas un personnage attachant, il est « mauvais » le diable incarné, mais c’est pour ça qu’on a envie de le rencontrer encore dans Malavita Encore, pour voir comment ses enfants et sa femme vont réussir à prendre leurs libertés.

Comment vont-ils s’enfuir !

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Une réflexion sur “Malavita – Tonino Benacquista

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