L’autre côté de l’espoir – Aki Kaurismäki

L’autre côté de l’espoir : AfficheHelsinki. Deux destins qui se croisent. Wikhström, la cinquantaine, décide de changer de vie en quittant sa femme alcoolique et son travail de représentant de commerce pour ouvrir un restaurant. Khaled est quant à lui un jeune réfugié syrien, échoué dans la capitale par accident. Il voit sa demande d’asile rejetée mais décide de rester malgré tout. Un soir, Wikhström le trouve dans la cour de son restaurant. Touché par le jeune homme, il décide de le prendre sous son aile.

Ah… Quels visages ! Des vraies gueules d’acteurs !!

Film très silencieux, peu de blabla, des dialogues ciselés, percutants, des pointes d’humour dans les situations, les gestes, la mise en scène. Comme un film de Chaplin, comme dans le cinéma muet, Kaurismäki arrive à nous faire rire avec une mise en scène très simple, où les acteurs souvent figés, immobiles, avec des visages marquants, esquissent des émotions sans le moindre sourire.

Des serveurs de restaurants qui ne sourient pas une seule fois à leurs clients, un cuisinier qui dort appuyé sur un réfrigérateur lors de la première visite du futur repreneur… Les séquences dans le restaurant sont extraordinaires. Le film parle également et surtout des immigrés, de leur envie de rester en Finlande, d’obtenir l’asile politique…

Le parcours du combattant du jeune Syrien est révélateur de notre société, qui s’indigne à la télévision des actes de barbarie en Syrie, mais qui dans le même temps refuse à un migrant le droit d’asile car la situation dans son pays n’est pas dangereuse.

Le film de Kaurismäki est un mélange entre comédie et film politique. La comédie est dans les situations burlesques, le politique dans le cheminement de Khaled, ses rencontres avec l’administration, la police, la violence dans la rue avec les militants d’extrême droite qui cherchent à le tuer. 

Film fort, mais étrange quand même. Tragi-comique, on ne sait pas toujours sur quel pied danser. Des belles images de nuit, des visages qui restent imprimés dans la mémoire, des comédiens qui transmettent beaucoup d’émotions avec des visages souvent inexpressifs.

Je ne connaissais pas beaucoup Aki Kaurismaki, j’avais souvent un peu peur de son cinéma, trop étrange, surprenant, j’avais envie de le découvrir à l’occasion de ce film sur les migrants, je n’ai pas été déçu c’est vraiment un univers à part qu’on ne rencontre quasiment jamais dans nos salles obscures. Je ne connais pas beaucoup de réalisateurs qui ont ce regard. 

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