Paris la blanche – Lidia Terki

Sans nouvelles de son mari, Rekia, soixante-dix ans, quitte pour la première fois l’Algérie pour ramener Nour au village. Mais l’homme qu’elle finit par retrouver est devenu un étranger.

Sur un sujet très sensible et personnel, la réalisatrice Lidia Terki nous permet d’accompagner Rekia dans son voyage jusqu’en France à la recherche de son mari, parti depuis 48 ans, travailler sur les chantiers français, Nour a envoyé de l’argent tous les mois mais Rekia n’a plus de nouvelles depuis plusieurs années.

L’actice Tassadit Mandi est touchante, nous entreprenons avec elle une sorte de pélerinage. Sur les pas de son mari qui a fait il y a longtemps le même voyage, un long trajet à pieds puis en bus, une nuit à la belle étoile, puis le bateau jusqu’à Marseille… Arrivée en France le train pour la capitale. Avec comme seule information le nom de l’hotel où Nour a logé quelques temps, Rekia aura l’impression de chercher une aiguille dans une botte de foin. Dans un Paris métissé, plein de communautés, d’immigré de tous pays. Aidé d’immigrés et de français qui les hébergent, Rekia pourra trouver une piste qui la rapprochera de son mari.

Le retrouver, le voir, lui sourire, mais un tel gouffre les sépare dorénavant. Ils ne se connaissent plus, Nour n’a pas vu grandir ses enfants qui sont pour lui des étrangers. Il a honte on le sent d’être parti si longtemps. On s’interroge pourquoi n’est elle pas venue avec lui ? Pourquoi être restée si longtemps séparés ?

Paris la blanche est un beau portrait d’une femme. Une étrange émotion survient quand Rekia retrouve Nour, nous ne sommes pas vraiment touchés par cette rencontre car on ne ressent pas assez de complicité. Peut-être voulu par la réalisatrice, l’acteur qui joue Nour n’exprime pas grand chose. On le sent tellement perdu dans cette situation.

Ce que j’ai bien aimé c’est le regard neuf et tolérant de Rekia face à un monde qu’elle découvre. S’exprimant librement avec les inconnus qu’elle rencontre, des jeunes hommes qui comme son mari font le voyage seuls, une française qui fait l’aller retour sur le bateau sans oser rentrer en Algérie, elle ne se sent pas le courage, tellement horrifiée des actes des français pendant la guerre, Rekia lui répondant calmement que dans les guerres, les deux camps commettent des atrocités.