L’homme qui rit – Jean Pierre Améris

l'homme qui ritEn pleine tourmente hivernale, Ursus, un forain haut en couleurs, recueille dans sa roulotte deux orphelins perdus dans la tempête : Gwynplaine, un jeune garçon marqué au visage par une cicatrice qui lui donne en permanence une sorte de rire, et Déa, une fillette aveugle.
Quelques années plus tard, ils sillonnent ensemble les routes et donnent un spectacle dont Gwynplaine, devenu adulte, est la vedette. Partout on veut voir ‘L’Homme qui rit’, il fait rire et émeut les foules. Ce succès ouvre au jeune homme les portes de la célébrité et de la richesse et l’éloigne des deux seuls êtres qui l’aient toujours aimé pour ce qu’il est : Déa et Ursus.

Poésie. Imaginaire. Romantisme. Lutte des classes.

Les premiers mots qui me viennent en tête lorsque je repense au très beau, mais surprenant, film de Jean Pierre Améris. Adapté de Victor Hugo, L’homme qui rit est un conte où l’imaginaire prend le dessus sur la réalité. Superbes images des jeunes enfants qui sont perdus dans la neige, un jeune garçon, un bandeau sur la bouche porte dans ses bras une fillette presque morte de froid. La neige tombe à gros flocons, sur le point d’abandonner, un grognement de loup puis une voix tonitruante, qui sort du brouillard. Un homme, corpulent, habitant une roulotte misérable. Un bougon, un Depardieu, la rencontre et l’amour entre ces trois âmes perdues est immédiate.

L’homme qui rit, ou l’enfant défiguré, par un Comprachicos (un « acheteur d’enfant » – mot inventé par Victor Hugo) va parcours les villages avec la fillette et Ursus (Depardieu), montant sur les planches et « souriant » aux spectateurs qui hilare, se moqueront de sa difformité. Son « sourire » (le même que le Joker de Batman) lui offre la gloire. Souffrant de sa difformité qui le rend hideux, Gwynplaine, ne pourra trouver l’amour véritable que dans le regard aveugle de la fillette devenue femme, Dea, qu’il considère comme sa sœur. Déa qui ne voit qu’avec le cœur trouve Gwynplaine merveilleux.

Le succès arrivant, Gwynplaine sera regardé par une riche duchesse de la cour. Elle sera subjuguée par cet homme, lui affreux, elle, superbe. Elle l’imagine étant son double, son miroir inversé, la monstruosité de Gwynplaine comme le visage de la monstruosité intérieur de cette femme. Je tairai la suite, certains passages sont tout simplement géniaux.

Les images du réalisateur Améris sont belles, décalées, hors du temps, hors du monde, pleines d’imaginaires, de personnages grotesques et baroques, des nains, des femmes à barbe… Ce film, je suis sur, n’aura pas le succès qu’il mérite à cause de sa singularité et de sa poésie. Un film audacieux, une histoire à la Roméo et Juliette, dans un champ de foire, un romantisme émouvant.

Un film qui ressemble à Tim Burton, à Edward aux mains d’Argent, dans sa différence, son originalité. Un film où les larmes n’ont pas coulées, peut-être manquait-il un petit quelque chose, ou bien, suis-je devenu Ursus qui n’a jamais jamais pleuré de sa vie. Les yeux trop secs pour pleurer sur les hommes. L’homme est mauvais dit Ursus, mais l’art (le cinéma – le théâtre) peut parfois embellir tout ça, rendre l’âme visible.

 

 

Une réflexion sur “L’homme qui rit – Jean Pierre Améris

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