Charleston Sud – Pat Conroy

bm_19702_1279935Le narrateur – Leo King dit le Crapaud – se souvient de cette année décisive de ses 18 ans où tout son destin se joue avec des rencontres qui l’ont marqué à vie : les orphelins Starla et Niles, fugueurs récidivistes, Sheba et Trevor Poe, jumeaux, promis à un futur grandiose mais tragique, Molly et Chad, un jeune couple de la haute société locale, Ike Jefferson, fils de l’entraîneur noir du lycée. La mère de Leo, fervente catholique et admiratrice de James Joyce, est proviseur de ce lycée et son père y enseigne les sciences. La famille vit encore traumatisée par le suicide quelques années plus tôt de Steve, le frère aîné de Leo.
Ce “ casting ” sudiste étonnant, avec ses excès comme ses aberrations, nous entraîne de rebondissement en rebondissement jusqu’à Hollywood et San Francisco, tout en réservant à Charleston le dramatique dénouement, le jour où l’ouragan Hugo frappa la ville.

Vraiment un avis très mitigé de ce livre et de cet auteur Pat Conroy que je découvre avec Charleston Sud. L’histoire pouvait me plaire, portrait d’une famille et d’une bande d’amis de 1969 à 1990, une plongée dans l’Amérique profonde, celle de Caroline du Sud, pays de la Ségrégation notamment.

Un roman très long, environ 800 pages, qui a, et c’est je pense un gros défaut, une construction étrange, plusieurs parties s’enchainent avec des aller et retour entre 1969 et 1989. Sans doute cet aller retour a été considéré utile pour l’auteur pour développer son intrigue et accentuer la force de ce groupe d’amis mais j’ai trouvé cela un peu déroutant et pénible.

Le narrateur Léo King n’a vraiment pas eu beaucoup de chance… Mais elle va tourner lorsqu’il va rencontrer (en un seul jour) une bande de copains avec qui il va grandir. Charleston Sud est un roman très détaillé, par les psychologies des personnages, les décors et les lieux. Il y a des nombreuses descriptions de la ville de Charleston, de ses rues, des habitants. L’amour de l’auteur pour cette ville est fascinant, on a envie d’y aller. Les aventures que vont vivre Léo et ses amis sont peut-être un peu trop improbables. Le passage à San Francisco en plein milieu des hôtels minables où meurent un à un des dizaines d’homosexuels contaminés par le Sida. Quelques passages sont très touchants, bien écrits, mais on ressort du livre un peu déçu.

Une vie incroyable, des amitiés surnaturelles, des révélations fracassantes dans la dernière partie, tout cela créé un drôle de mélange. Entre fascination pour l’ambiance et la reconstitution de la vie à Charleston, et moins d’entrain pour les rebondissements, pour l’intrigue…

Pat Conroy a un style d’écriture très particulier, je l’ai lu en français, son style très littéraire aurait pu me poser des problèmes en version originale. Après ce roman épais, aurais je le courage de lire un autre de ces livres ? Le Prince des Marées à l’air d’être son grand succès, peut-être aurait-il fallu par commencer celui ci. D’après ce que j’ai lu comme critiques les deux romans ont des thèmes similaires.

Charleston Sud, belle carte postale, mais un roman peut-être trop improbable.

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