C’est le métier qui rentre – Sylvie Testud

fayardSybille croit aux histoires qui finissent bien. Elle a beau savoir de quelle manière est morte Jeanne d’Arc, quand elle regarde un des films qui lui ont été consacrés, Sybille ne peut s’empêcher d’espérer qu’un pompier vienne la tirer d’affaire. Alors comment imaginer que la réalisation de son propre long-métrage va virer au film catastrophe ? Toute à sa passion, l’apprentie cinéaste refuse de se laisser abattre par les problèmes qui s’accumulent. Producteurs qui écrivent les scénarios, actrices qui entrent en résistance, agents hystériques, financiers qui ne financent pas : tout va s’arranger, elle n’en démord pas. Son enthousiasme aveugle lui donne des ailes. Celles du pigeon que l’on plume ou celles du dindon de la farce ?
 
Je suis déçu par le dernier roman de l’actrice Sylvie Testud. Cette plongée dans l’univers du cinéma, sous les yeux d’une actrice qui essaie de réaliser son premier film est plutôt bancal. Il n’y a pas grand chose à dire de ce roman, les personnages sont griffonés rapidement sur le papier, pas assez détaillés. On n’est pas à l’intérieur d’un roman intéressant. On est trop dans le superficiel.

Je suis déçu car j’avais bien aimé son premier livre, Il y a beaucoup d’étoiles ce soir, je pensais retrouver le même plaisir en lisant celui ci. Tout est trop rapide, on se croirait dans un roman d’Amélie Nothomb, livre écrit à la quatrième vitesse, des chapitres courts et pas souvent bouleversants.

Le dernier chapitre, on peut quand même le reconnaitre, est (le seul) réussi. Est ce simplement parce qu’on est « heureux » de terminer ce livre, de mettre de coté cette Sybille et ses projets fous. Ce duo de producteurs qui s’agacent et qui « gueulent » à chaque page ? J’ai aimé le ton de ce dernier chapitre, qui me semblait plus sincère, plus humble. On n’était plus dans l’excès des chapitres précédants, où la folie de ce duo de producteurs, des situations plutôt loufoques gachaient selon moi le sérieux du roman.

Tout était il m’a semblé trop gros, pas vraiment crédible. La vie dans le milieu du cinéma peut et doit ressembler à ça, mais parfois le trait de Sylvie Testud était résolument trop comique. J’aurais aimé une plongée plus intime et plus sérieuse. Sur le rôle du mari, du compagnon qui se sent délaissé en face de la « créatrice », qui n’est plus comprise. Il y avait des thèmes intéressants mais pas développés de la meilleure des façons.

Pendant ce livre on se sent trop en retrait, on n’arrive pas à s’identifier, le seul personnage qui pourrait être intéressant, le mari, celui qui n’est pas dans ce monde est trop souvent oublié. Ce roman était sans doute trop dans le « paraitre » que dans l’être. Le superficiel que le sincère. Une déception littéraire, qui se lit vite, mais qui ne fait pas ressentir grand chose.

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