Rosalie Blum – Julien Rappeneau

467529.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxVincent Machot connaît sa vie par cœur. Il la partage entre son salon de coiffure, son cousin, son chat, et sa mère bien trop envahissante. Mais la vie réserve parfois des surprises, même aux plus prudents…
Il croise par hasard Rosalie Blum, une femme mystérieuse et solitaire, qu’il est convaincu d’avoir déjà rencontrée. Mais où ?
Intrigué, il se décide à la suivre partout, dans l’espoir d’en savoir plus. Il ne se doute pas que cette filature va l’entraîner dans une aventure pleine d’imprévus où il découvrira des personnages aussi fantasques qu’attachants. Une chose est sûre : la vie de Vincent Machot va changer…

Rosalie Blum est un très beau film français porté par quatre acteurs remarquables. Anémone, déjantée à souhait, Noémie Lvosky, une personnalité complexe et difficile à cerner, Kyan Khojandi, doux rêveur, sensible, et la très très belle Alice Isaaz.

Portraits croisés de ces cœurs solitaires. Très touchants.

J’ai souvent entendu que ce film était comparé à Amélie Poulain. Je le trouve différent. Il est plus dans la mélancolie, la tristesse de ces âmes seules. Des gens qui ont envie de se rencontrer, de se parler, de vivre. Leur vie est banale, morne, triste. Ils rêvent d’aventure, de frissons. D’amour sans trop y croire.

Les personnages de Julien Rappeneau sont nos contemporains. Ils sont nos semblables car nous vivons de plus en plus chacun pour soit. Voyant l’autre comme un mystère et un être inaccessible. Très beau film sur la solitude, Rosalie Blum est adapté d’une bande dessinée éponyme, que je lirais très bientôt car j’ai beaucoup aimé les personnages. J’ai envie de voir si la BD reprend la même construction, en chapitre, suivant un personnage après l’autre pour découvrir progressivement les secrets.

Anémone apporte un brin de folie. Elle est vraiment tordante, mais l’avoir comme mère n’est pas un cadeau. Vincent tente de grandir, de devenir adulte mais reste emprisonné par cette mère possessive. La scène qui conclue le film, flashback intéressant dans l’enfance de Vincent nous confirme une facette de la personnalité de sa mère qu’on avait commencé à entrevoir.

J’ai vraiment passé un bon moment pendant ce film. Nous faisons des belles rencontres et on a envie de rester avec ces personnages. Quelque part nous ne sommes pas vraiment surpris de la tournure du film et des évènements mais l’essentiel est ailleurs. En filmant ces cœurs solitaires, en nous les partageant sur grand écran, Julien Rappeneau sonde notre intimité. Il m’a vraiment convaincu.

Publicités