Moloch – Thierry Jonquet

molochUne maisonnette d’apparence banale, dressée au fond d’un terrain vague. Et toute une équipe de police hébétée, certains pleurant, d’autres hagards, la gorge nouée par le dégoût, la colère ou la honte, tous à songer à ce qu’ils avaient fait une demi-heure plus tôt avant qu’on ne les appelle, avant de traverser cette ruelle labourée par les pelleteuses, avant de s’approcher de ce pavillon et d’en franchir la porte. Avant. Car rien ne serait plus jamais pareil.

Thierry Jonquet que je ne connaissais pas avant d’acheter ce livre est également l’auteur du livre Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte qui a été adapté à la télévision sous le titre Fracture(s) par Alain Tasma il y a quelques années et que j’avais vu et bien aimé.

Avec Moloch nous sommes dans un univers très sombre, glauque, qui fait penser par moment à la série Engrenages. Une atmosphère très très sombre mêlant scène de la vie d’une équipe d’inspecteurs et plusieurs jeunes substituts du procureur qui ont des enquêtes différentes.

Moloch est un livre très dense. Beaucoup de personnages, de lieux, de choses à se souvenir. Nous sommes ballotés de l’un à l’autre, d’un coté de Paris à l’autre, vers les canaux, dans les hôpitaux, les tribunaux, le commissariat. On assiste à des interrogatoires face au substitut, on découvre des crimes horribles. Des enfants brulés vifs. Des parents qui empoisonnent leur enfant à petit feu sous les yeux de docteurs qui ne s’en rendent pas compte…

L’origine du titre Moloch vient de la religion, un Dieu flamboyant dévoreur d’enfants… Oups, c’est vraiment glauque ce roman je vous avais prévenu.

Thierry Jonquet qui est décédé il y a quelques années avait une écriture très pure, sans fioritures, des descriptions suffisantes, sans trop charger. Les personnages sont peut-être trop nombreux et on n’a pas le temps de les approcher tous autant qu’on voudrait. Moloch, je me suis rendu compte pendant la lecture, est un suite du livre Les Orpailleurs qui utilisait les mêmes personnages. Les deux livres peuvent bien évidemment se lire séparément. Les enquêtes ne sont pas liées.

Nous sommes atterrés lorsqu’on comprend la tournure du roman. Tout ce qui avait l’air d’être inutile prend son sens dans la dernière partie. Tout était lié. Avec son écriture précise et rapide, le livre se dévore. Quelques petits détails m’ont un peu embêtés mais dans le fond, un très bon roman noir.

Mais vraiment… NOIR.