La première chose qu’on regarde – Grégoire Delacourt

delacourtLe 15 septembre 2010, Arthur Dreyfuss, en marcel et caleçon Schtroumpfs, regarde un épisode des Soprano quand on frappe à sa porte.
Face à lui : Scarlett Johansson.
Il a vingt ans, il est garagiste.
Elle en a vingt-six, et elle a quelque chose de cassé.

La première chose qu’on regarde, où plutôt : La dernière « chose » qu’on lira de Grégoire Delacourt.

Un roman qui se classe parmi les trois plus mauvais romans que j’ai lu depuis quelques années, frôlant la place d’honneur avec La délicatesse. Ce genre de roman « moderne » et indigeste m’insupporte. La quatrième de couverture, ainsi que le livre La liste de mes envies m’ont donné envie de lire ce roman, m’attendant à mieux, à un mélange entre amour et célébrité, un joli chassé croisé de sentiments. Ici, Grégoire Delacourt se la joue mièvre, amour à deux balles, entre un garagiste et Jeanine Foucamprez (le vrai nom du sosie (car oui il s’agit d’un sosie) parade facile du romancier). Alors qu’on aurait pu imaginer une tournure plus intéressante, Grégoire Delacourt s’enlise dans une littérature de caniveau, avec des « héros » piteux ; aux petites vies monotones et ennuyeuses, sans grand espoir. Un roman qui est aimanté par toute la fiction cinématographique, des acteurs ressemblant à tel ou tel acteur (« en mieux »).

On lit ce roman comme on lit un magazine people, avec ennui, en se demandant s’il n’y a rien de mieux à faire.

J’ai particulièrement eu du mal avec le style de l’écriture, plus encore que l’histoire. Le style (si on peut appeler ça : un style) noie le lecteur, les phrases s’enchainent sans s’arrêter, geste particulièrement indigeste surtout au niveau des dialogues, qui se chevauchent, sans répit. L’amour nait progressivement entre ces deux cœurs brisés, au rayon d’un grand magasin, achetant des bols « elle » et « lui » en se vouant un amour inconditionnel au rayon fromage, découvrant leurs goûts communs au niveau culinaires.

Beurk.

J’étais pressé de finir ce livre, les pages m’étouffaient par ce lyrisme ridicule, par ces poèmes jetés ici et là au lecteur… et comment ne pas parler de ces parenthèses incessantes, qui n’apportent rien, un peu comme pour La délicatesse, où l’auteur pense qu’il est nécessaire de mettre de l’humour pour rehausser son style. Mais son humour, parfois bienvenu, n’aide pas ! Il ne sauve pas ce roman qui plongera inexorablement dans les basfonds des librairies, ou dans les boutiques d’occasion où les lecteurs ahuris s’en débarrasseront. Maudiront leur achat neuf.  Loin, très loin, des grands romans de notre époque, ou des époques passées, qui surent marquer un lecteur, avec quelques mots, souvent les mêmes d’ailleurs, les mots amour, sentiment, etc… qui ici sous la plume peu inspirée de Grégoire Delacourt me font dire que je n’achèterai plus un seul livre de lui. Emprunter, pourquoi pas… Tout le monde a droit à une seconde chance…

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