Chez nous – Lucas Belvaux

341939-jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxPauline, infirmière à domicile, entre Lens et Lille, s’occupe seule de ses deux enfants et de son père ancien métallurgiste. Dévouée et généreuse, tous ses patients l’aiment et comptent sur elle.
Profitant de sa popularité, les dirigeants d’un parti extrémiste vont lui proposer d’être leur candidate aux prochaines municipales.

Chez nous me laisse un peu la même sensation que le film de Diastème Un Français.

Décevant.

Voir de l’intérieur le parti de Marine Le Pen était une idée intéressante mais nous ne découvrons pas réellement de choses nouvelles. Si on s’intéresse de plus près à la fiction, on apprécie les rapports humains du film entre Emilie Dequenne et ses amies, leur besoin d’être écoutée, de compter. La relation avec son père interprété par Patrick Descamps (bien connu pour son rôle de flic-puis préfet dans Un Village Français) est ce qui m’a le plus plu. Qu’un père, ancien militant communiste voit sa fille se transformer en militante pour le Rassemblement National Populaire, le choc est rude. Les mots sont violents. A la hauteur de la trahison.

Le père voit sa fille se faire ensorcelée par des beaux parleurs qui lui promettent le changement, d’avoir de l’importance dans la vie de sa ville. Cette infirmière épuisée par son travail et par le manque de reconnaissance est heureuse d’avoir la chance de recommencer sa vie. André Dussollier (excellent dans ce rôle comme d’habitude) arrive à jouer avec ses espoirs. Soufflant le chaud puis le froid, devenant à la fin glacial, tous les coups sont permis pour protéger sa famille politique.

Chez nous est un beau portrait d’une France qui se divise. Belles scènes d’affrontement dans la cité Leo Lagrange où l’infirmière, nouvelle candidate, vient pour soigner ses patients habituels, face à une population qui ne veut plus d’elle… Finalement avec cette élection, elle n’a plus de vie. Elle ne voit plus ses enfants. Dévouée entièrement à cette élection, dont elle ne contrôle plus rien.

Un film intéressant mais qui m’a déçu, j’espérais ressentir de l’espoir. Nous sommes en face d’un film société, les plans du début et de la fin se rejoignent, les mêmes rues, les mêmes problèmes, pas d’évolution. Pas de changement.