Les Oubliés (Land Of Mine) – Martin Zandvliet

1945. Danemark. Fin de la Seconde Guerre Mondiale. Plusieurs soldats allemands, à peine sortis de l’adolescence, sont faits prisonniers par l’armée danoise et envoyés en première ligne pour désamorcer les mines enfouies le long de la côte. Pour eux, la guerre est loin d’être terminée. Inspiré de faits réels, Les Oubliés raconte cet épisode tragique de l’Histoire.

Je crois que Les Oubliés est un des meilleurs films de l’année.

Le cinéma n’a pas souvent montré des images d’après guerre aussi fortes. Les villes détruites par la guerre, on les a vu, on a vu la survie des populations, des allemands, des italiens (Rome ville ouverte), les reconstructions… Mais avec Les Oubliés (magnifique titre original Land of mine) on traite d’une petite part de la reconstruction, le déminage des plages du Danemark.

Un décor minimaliste, une ferme, un cabanon et la plage… Immense et remplie de mines, prêtes à donner la mort. La plage comme barreaux de la prison. La mer au loin. Symbolise la liberté, le retour en Allemagne pour les jeunes soldats prisonniers.

Quelques personnages, les 14 soldats allemands, le sergent danois qui les surveille, une fermière et sa fille. Huis clos en pleine nature où les jeunes allemands espèrent survivre à cette guerre. Rêvant d’après, s’imaginant maçons pour reconstruire leur pays en ruine, rêvant d’amour et d’alcool. Les soldats sont des jeunes adultes, à peine sortis de l’adolescence et déjà soldats. Des visages avec encore certaines lignes de l’enfance, les deux jumeaux notamment, très touchants.

Après guerre l’approvisionnement en nourriture est difficile, les danois tentent de survivre et gardent la nourriture pour leurs citoyens, les prisonniers allemands passent en dernier. Affamés, et devant déminer la plage, épuisés… Forcés de chercher de la nourriture pour animaux qu’ils pourront manger.

Le soldat danois (Roland Moller) est dur, il hait les allemands, leur aboie des ordres, les frappe, et pourtant… On sent qu’il se fissure face à cette situation terrible, ces jeunes envoyés à la mort. 

Le film de Martin Zandvliet est très beau et m’a profondément marqué, des scènes de déminage qu’on sent explosives, des jeunes regards apeurés pour leur premier déminage en réel, le moindre faux mouvement est fatal. Nous ressentons beaucoup d’affection pour ces jeunes allemands qui ne devraient pas être amenés à faire la guerre. Film très réussi, humaniste et terrible leçon de vie. On ressort difficilement indemne.