Loving – Jeff Nichol

043376-jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxMildred et Richard Loving s’aiment et décident de se marier. Rien de plus naturel – sauf qu’il est blanc et qu’elle est noire dans l’Amérique ségrégationniste de 1958. L’État de Virginie où les Loving ont décidé de s’installer les poursuit en justice : le couple est condamné à une peine de prison, avec suspension de la sentence à condition qu’il quitte l’État…

Changement de style et d’époque pour Jeff Bridges qui reste dans le Sud pour cette belle et touchante histoire. Avec Loving il signe un film humain où deux personnes se retrouvent broyés par les lois ségrégationnistes de l’état de Virginie. 

L’Amérique de 1958 parait à peine crédible, nous avons du mal à imaginer une telle situation. Le racisme est violent, la justice terriblement inhumaine.

Les Loving sont très attachés à leur terre, et ils auront du mal à accepter l’exil dans un autre état. Sentant sa femme malheureuse, malgré la naissance des enfants, ils tenteront de rentrer incognito dans leur état d’origine, la Virginie, risquant de ce fait la prison.

Le film prend une autre ampleur à partir de ce moment. La rencontre avec les avocats qui souhaitent porter leur cas devant la cour suprème, deux jeunes brillants avocats qui sentent qu’ils pourront avec ce cas changer la constitution. Les deux avocats apportent un peu de folie dans ce film, leur style très différent des Loving apporte le sourire, mais le drame de cette situation perdure.

Le film de Jeff Bridges est réussi, il n’est pas larmoyant. Nous suivons ce couple qui souhaite simplement vivre ensemble en paix. La caméra reste à distance, nous sommes dans l’intimité, mais avec beaucoup de pudeur. Les loving souhaitent simplement rester sur leur terre, construire leur maison, vivre comme un couple normal. J’ai été très touché par ce film !