Le livre de Johannes – Jorgen Brekke

9782353151394En août 2010, le cadavre décapité et écorché d’Efrahim Bond est retrouvé au musée Edgar Allan Poe de Richmond, Virginie. L’assassin a, par ailleurs, emporté sa peau. L’enquêtrice Felicia Stone s’aperçoit rapidement que peu avant sa mort, la victime avait envoyé un morceau de la reliure en cuir d’un livre pour analyse. Quand elle prend connaissance des résultats de celle-ci, elle ne doute plus que le meurtre soit lié à ce mystérieux ouvrage relié… en peau humaine.
L’auteur nous transporte alors cinq siècles en arrière, sur les traces de ce mystérieux manuscrit intitulé Le livre de Johannes qui décrit les observations du premier médecin de l’histoire pratiquant des autopsies. Selon la rumeur, le chirurgien ne se contentait pas de subtiliser des corps dans les cimetières mais fabriquait lui-même les cadavres indispensables à ses travaux !
Quelle fascination cette histoire séculaire exerce-t-elle sur l’assassin et pourquoi écorche-t-il chacune de ses proies, car Efrahim Bond n’est que la première victime d’une longue série ?

Le livre de Johannes est un mélange de genre.

Un livre qui se dévoile sous plusieurs couches, comme des peaux que l’on enlève. La première peau : Un thriller, ce mort retrouvé la tête dans la corbeille à papier et le corps dépecé comme un animal accroché à la statue de Edgar Allan Poe… La deuxième couche : se dévoilera en Norvège, la troisième : verra la présence d’un livre surprenant, fait à base de peau humaine qui remplaça pour l’auteur le cuir de veau, la quatrième couche… et ainsi de suite. Le livre est un petit bijou de personnages attachants et de moments clés…

L’inspectrice Felicia Stone, une jeune femme qui brille dans sa nouvelle carrière à la police de Richmond,

l’inspecteur Odd Singsaker, sauvé de justesse d’un cancer, qui reprend le travail un lundi matin et trouvera le cadavre le plus horrible de sa carrière,

un responsable de sécurité Jon Vatten au passé trouble et à la consommation d’alcool problématique,

des  bibliothécaires Siri, et Gunn Brita…

et tous les autres, des historiens, des archéologues…

C’est un roman sur les romans, sur des amoureux des livres qui se retrouvent embarqués dans une folle histoire.

L’enquête avance… le lecteur alterne les deux lieux, la Norvège et Richmond en Virginie, en même temps que les corps sont retrouvés, mutilés, déchiquetés… le lecteur comprend que les deux sont liés, mais comment les inspecteurs vont ils faire le rapprochement dans ces deux pays si éloignés et si différents… Ce sera à force d’acharnement, et grâce à ces détails qui semblent si infimes que seuls les meilleurs inspecteurs trouvent la volonté de les affronter.

Le livre n’est pas seulement une simple enquête, non… il y a toute une partie historique, qui se passe au début du XVIe siècle, en Norvège puis dans l’Europe. On y suit un moine mendiant, qui va raconter son histoire particulière, il va côtoyer un barbier chirurgien et un médecin anatomiste.

Cette histoire fait froid dans le dos, une histoire où les corps sont découpés au scalpel, tout d’abord pour découvrir les origines de l’homme, le fonctionnement de son corps, puis quelques siècles plus tard, cette « découpe » sera le travail d’un psychopathe. D’où venons nous ? Comment sommes nous à l’intérieur ?

Ce premier roman de Jorgen Brekke est une réussite, je me suis laissé emporter par cette histoire, par ces personnages. Au début le changement de lieux et d’époque est un peu perturbant, mais on se laisse vite emporter par les mots de l’auteur. Par ses descriptions, parfois un peu macabres, par le mystère qu’on l’on ressent dans chaque individu car personne n’est lisse et tout le monde à ses secrets.

Un auteur à découvrir, à suivre… Quel genre de roman sera le suivant… Tombera t-il dans la facilité de se répéter ou réussira t-il à se renouveler si vite. Nous n’aurons pas besoin d’un « remake », d’un roman dans le même genre, un seul roman dans cet esprit là c’est suffisant, pas besoin de suivre la « Dan Brown touch »…

L’auteur précise à la fin que de nombreux détails sont inventés, et pourtant on avait envie d’y croire à ce Livre de Johannes, cette histoire mérite définitivement le détour.

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