Je me souviens – Martin Michaud

jemesouviensÀ Montréal, juste avant Noël, un homme et une femme meurent le cou transpercé par ce qui semble être un instrument de torture sorti tout droit du Moyen Âge. Auparavant, ils ont entendu la voix de Lee Harvey Oswald, l’assassin présumé du président Kennedy. Un sans-abri se jette du haut d’un édifice de la place d’Armes. Ayant séjourné à plusieurs reprises en psychiatrie, il prétendait avoir participé, avec le FLQ, à l’assassinat de Pierre Laporte. Sur le toit, avant de sauter, il laisse deux portefeuilles, ceux des victimes. La série de meurtres se poursuit, les cadavres s’empilent…

Roman policier, écrit par un jeune auteur qui commence à avoir une belle réputation au Canada, il est comparé aux plus grands auteurs contemporains, Mankell, Connelly, Vargas et Rankin. Je n’ai pas été totalement emballé par son roman, le troisième livre d’une série consacrée à un sergent détective de Montréal Victor Lessard. C’est souvent le cas lorsqu’on prend une série en route, on est un peu perdu par le passé des personnages principaux, des évènements qu’ils ont vécu précédemment.

Victor Lessard enquête cette fois ci sur une affaire de meurtres très étonnants. J’ai passé beaucoup de plaisir en compagnie de sa coéquipière l’excellente et truculente Jacinthe Taillon (qui a un accent canadien à couper au couteau, cela se ressent même dans le livre où de nombreux passages sont à la limite incompréhensible).

Ce que je regrette c’est la quantité de personnages qui gravitent au cours du roman. Très dense et compliqué pour rentrer dedans et comprendre qui est qui, et qui fait quoi, le lecteur peut être dérouté par tout ça. Une fois qu’on a pris le temps, et lu les 300 premières pages le livre devient vite brulant et on a hâte de connaitre la fin.

Des superbes et habiles manœuvres de l’auteur vont nous paumer dans nos propres intuitions, les incessants retour dans le passé nous font prendre conscience que l’histoire d’une famille est capitale dans cette enquête. Et Charlie, à 8 ans, nous marquera sans doute longtemps par son énergie et son honneur.

Je me souviens est un beau livre d’un pays qu’on ne connaît pas beaucoup dans le monde du roman policier, le Canada… C’est un polar, aux nombreux rebondissements, montrant le travail de fourmis des enquêteurs, devant déjouer le vrai du faux, détruire les mensonges des uns et des autres. Mais malgré quelques très bons moments, j’ai été plutôt déçu.

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