Entretien avec John Harvey

Pouvez vous nous expliquer quand avez vous décidé que vous vouliez écrire des polars, qu’est ce qui vous a fait choisir ce genre ? Ou est ce le genre qui vous a choisi ?

J’ai écrit une courte série sur un détective privé, qui s’appelait Scott Mitchell, au milieu des années 1950, qui d’une certaine façon imitait le travail  de Raymond Chandler, la qualité était bien moins bonne, mais je n’avais pas réalisé cela à l’époque. Ce fut seulement après avoir écrit les scénarios d’une série basé dans la ville de Nottingham sur le comité de probation, que j’ai pensé à la possibilité d’écrire des polars à nouveau. Je lisais et j’appréciais beaucoup Elmore Leonard, je regardais également « Hill St Blues » à la télévision, ce sont deux facteurs également qui ont contribué à mon envie de tenter ce genre à nouveau.

Avez vous une routine dans votre manière d’écriture, un rythme ? Pouvez vous écrire en écoutant de la musique ou devez vous écrire dans le silence ?

J’aime écrire installé à mon bureau, à la maison, et dans le plus grand silence possible. Je joue souvent de la musique entre mes phases d’écriture, mais presque jamais pendant. Le meilleur moment pour écrire selon moi, c’est très tôt le matin, avant le réveil des occupants de la maison, et avant que d’autres problèmes interfèrent. Si je commence à 6 h 30 à peu près, avec ma première tasse de café, je peux écrire pendant deux heures, prendre une pause importante, et continuer ensuite deux heures de plus. C’est tout.

A l’occasion de la rencontre avec RJ Ellory, à la Comédie du Livre de Montpellier, vous disiez que vous avez décidé d’écrire des histories qui se passent à Nottingham parce que vous y viviez, pouvez nous expliquer pourquoi cette décision fut importante pour vous ? Deviez vous marcher dans les rues comme votre personnage ?

Je trouve cela bien plus facile d’écrire à propos d’endroits que je connais bien, alors je peux laisser mon imagination faire le reste. Et parce que j’aime souvent écrire à propos de crimes qui sont liés aux origines des personnes qui les commettent (où ? et pourquoi ?), cela m’aide de connaître quelque chose de leur milieu.

Quels sont les avantages ou les inconvénients d’une série ?

Les inconvénients sont que la série peut devenir répétitive et ennuyeuse ; les avantages au contraire sont que vous avez la possibilité d’explorer un endroit ou un personnage, ou des personnages, pendant une longue durée – et, si vous êtes chanceux, vous accroitrez un lectorat pour la série dans l’ensemble.

Quel genre d’auteurs aimez vous lire ? Quels sont vos livres préférez ? Vous arrive-t-il de relire certains de vos romans ?

Je lis de tout, surtout des auteurs du XXème ou du XXIème siècle, mais très peu sont des auteurs de thriller. En ce moment je lis ‘The Innocents » de Laura Lippman et le livre que j’ai lu avant était « The End of Everything » de Megan Abbot. Les deux auteurs sont connues pour être des auteurs de polars, mais aucun de ces deux livres n’appartient à ce genre du tout.Sur ma table, attendant d’être lus, il y a « The Big Music » de Kirsty Gunn, un très gros roman sur un joueur de cornemuse écossais ; « Bob Dylan in America » de Sean Wilents ; ‘Driving on the Rim’ de Thomas McGuane et ‘The Half-Finished Heaven’, des poèmes écrits par Tomas Transtromer.Je ne relis jamais mes propres livres, si ce n’est pour trouver des passages pour des lectures dans des festivals, ou pour vérifier des détails oubliés à propos d’un des personnages. Mais pourquoi relire les miens, quand il y a des livres si bons et si différents dans le monde ?

Y-a-t-il une concurrence entre les auteurs ?

Vous pouvez en être sur ! Mais nous sommes souvent trop polis pour laisser émerger ces sentiments à la surface.

Où trouvez vous votre inspiration ? Cela vient-il d’articles de journaux, de la télévision, des livres, ou seulement de votre esprit ?

Un peu de tout ce que vous citez. Les choses s’infiltrent en vous pendant des années, attendant leur heure.

Pourriez vous écrire un livre avec un autre auteur. Comme Mary Higgins Clark avec sa fille Carol ? Quel serait la motivation d’un auteur faisant cela ? Avez vous travaillez de cette manière auparavant ?

Je serais très heureux d’écrire un livre avec Carol Higgins Clark, nous avons fait une lecture ensemble une fois et avons bu une bière ou deux après. Elle est charmante et vive comme l’éclair.Bien que nous écrivions chacun notre tour, après discussions, l’écriture de mes premiers westerns fut une expérience collective très agréable. Et il y a eu, bien sur l’écriture de scénario pour la télé ou la radio, que j’ai fait dans le passé, qui furent également des expériences communes.

Pouvez vous nous parler de la relation entre un auteur et son éditeur ?

La relation dépend de l’éditeur. L’éditeur avec qui j’ai eu le plus de contact avec mon travail est Susan Sandon de Random House UK, qui a été mon éditrice pour les huit derniers livres. Nous parlons toujours des nouvelles idées, d’un nouveau livre avant que je ne le commence, sans trop entrer dans les détails. Et nous faisons cela que le livre soit sous contrat ou pas, en ayant l’espoir que Random House veuille le publier. Parfois, surtout quand je ne suis pas sur de moi, je peux lui demander de lire les premiers 10.000 mots, pour voir si je suis sur de bonnes bases. Quand, pour finir, j’ai ce qui semble être un bon brouillon du roman dans sa globalité, je vais envoyer des copies à mon éditrice et à mon agent et attendre leurs commentaires. Les commentaires de Susan seront les plus détaillés et iront de suggestions sur, disons, le développement d’un des personnages ou d’une des lignes de l’intrigue, ou des demandes pour plus de clareté, des suggestions à propos de petits points de détails, tels que le choix d’un mot, d’une ponctuation etc…

Comment voyez vous la littérature dans 20 ans ? Pensez vous que le livre numérique va remplacer le livre papier dans le futur ?

Dans 20 ans, c’est très improbable que je sois toujours la, et si je le suis, je doute que j’écrirai encore ! Mais je pense que le livre papier survivra aux cotés du livre numérique, de la même façon que le cinéma vit en harmonie avec les DVD et la Vidéo.

Quel est le but principal des thrillers, selon vous ?

Le but principal ? Dans mon cas ? C’est de gagner ma vie !

Après ça, ils sont là pour nous divertir, ou illuminer sa journée, ou révéler quelque chose à propos de la société et du comportement des êtres humains. Et aussi, pour m’aider dans ma recherche de la phrase parfaite ; celle qui est tellement parfaite que personne d’autre que moi, pourra la reconnaitre.

Trouvez vous des remarques différentes de la part d’écrivains anglais ou français ? Êtes vous surpris par leurs commentaires, diffèrent-ils ? ou sommes nous tous les mêmes ?

Les lecteurs français, généralement, sont plus intéressés par le champ social et les questions politiques soulevés dans les livres. Les lecteurs anglais ou américains sont plus intéressés, je pense, dans les personnages individuels et les relations entre eux. Les lectrices féminines, américaines surtout, peuvent avoir une grande émotion pour les chats dans les séries Resnick – les hommes sont plus touchés par le jazz.

Travaillez vous sur un nouveau livre ? Pouvez nous nous en parler un peu ?

Je viens juste de transmettre à mon agent le manuscrit d’un nouveau livre pour des grand enfants, qui s’appellera « Blue Watch », il se passe à Londres pendant la guerre éclair lors de la seconde guerre mondiale.

J’espère également commencer un nouveau livre sur Resnick, le dernier de la série, en octobre cette année. Si rien ne change, il concernera, d’une certaine façon, la grève des mineurs de 1984 et ses conséquences.

Merci John Harvey pour votre disponibilité.
Thank you Mr John Harvey !

2 réflexions sur “Entretien avec John Harvey

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