Dans les forêts de Sibérie – Safi Nebbou

247857.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxPour assouvir un besoin de liberté, Teddy décide de partir loin du bruit du monde, et s’installe seul dans une cabane, sur les rives gelées du lac Baïkal. Une nuit, perdu dans le blizzard, il est secouru par Aleksei, un Russe en cavale qui vit caché dans la forêt sibérienne depuis des années.

Très beau film sur la solitude et la vie exigeante sur les bords du lac Baïkal. Un film que je craignais un peu trop contemplatif, il n’en a rien été. Nous sommes presque devant un thriller naturaliste où l’homme est minuscule face la nature.

Teddy (joué par Raphaël Personnaz) est un jeune homme qui ne veut plus être enfermé dans sa routine en France, il souhaite tester ses limites, voir jusqu’où il peut aller. Il quitte son travail de chef de produits multimédia, part à l’est, en direction du lac Baïkal. Là, au bord du lac gelé, il va habiter dans une petite cabane à plusieurs heures de marche du premier village, dans un maisonnette sans électricité, à l’isolation vraiment à revoir, où des ours sont ses plus proches voisins.

Raphaël Personnaz est beau en aventurier de l’extrême, un film porté sur ses épaules, quelques comédiens l’accompagnent dans des plus petits rôles. Des dialogues en russe ou en anglais, pas évident pour se faire comprendre. Au bout du monde, perdu dans l’immensité de la nature, dans les forêts de Sibérie, Teddy va rencontrer un homme, un braconnier, hors la loi, qui attend que son crime soit prescrit. 

Une histoire entre les deux hommes va naître, amitié ou respect, entre deux hommes très différents qui s’entraideront pour faire face aux éléments de la nature. La scène de la tempête restera je pense profondément inscrite dans mes souvenirs de cinéphile et d’amoureux de voyage. Ce voyage là, en solitaire au bord d’un lac gelé, très peu pour moi. Je préfère le confort de nos contrés moins rudes.

En 1h45, le réalisateur Safy Nebbou, adaptant le livre de Sylvain Tesson (grand aventurier contemporain), réussit à nous faire vivre une incroyable aventure, des paysages splendides. Il nous fait entendre le bruit de la glace, ressentir le souffle du vent, la froideur de l’air… Accompagnant les images, on peut saluer la musique vibrante de Ibrahim Maalouf avec une magnifique composition pour le générique de fin qui nous scotche sur nos fauteuils jusqu’au silence total. Dans les forêts de Sibérie est un beau film tourné au plus profond de la Russie, dans une Taïga qui n’est pas vraiment là pour accueillir les visiteurs de l’extrême.