Une terre d’ombre – Ron Rash

51asYrHT9bL._SX301_BO1,204,203,200_Laurel Shelton et son frère Hank vivent au fond d’un vallon encaissé des Appalaches. Marquée par une tache de naissance, Laurel est considérée comme une sorcière. Hank, revenu de la Première Guerre mondiale, y a laissé une main. Isolés, bannis, ils mènent une vie fastidieuse et solitaire. Mais lorsque Laurel rencontre un mystérieux joueur de flûte, sa vie bascule.

Conseillé par ma plus fidèle lectrice, j’ai emprunté à la médiathèque ce livre de Ron Rash après avoir été tellement touché par Un pied au paradis…

D’une manière très similaire au roman Un pied au paradis, Une terre d’ombre commence avec un employé d’une entreprise d’énergie qui vient préparer la création d’un barrage qui ensevelira la vallée. Sur cette terre, prise au piège par un imposant massif rocheux – une terre d’ombre où rien ne semble vouloir vivre – un couple s’est installé jadis. A la fin du siècle dernier, un homme, une femme, deux enfants. Ils espéraient avoir trouvé une terre fertile à un bon prix pour y installer leur ferme.

Un bon prix… cette phrase résumera le début de cette aventure. Après quelques années, les arbres sont condamnés par une épidémie. Les récoltes sont mauvaises. La santé du couple décline. Peu de temps après la mère mourra, laissant une jeune fille devenir femme, devant s’occuper de son père qui deviendra dépendant. Le fils partira contre son gré en France, pour faire la guerre, car nous sommes pendant la première guerre mondiale. Revenu blessé, Hank essaiera de montrer sa valeur aux habitants de la ville, prouvant par le travail qu’il est un honnête homme à qui on peut confier une femme. Laurel, sa grande soeur, n’a pas beaucoup d’espérance. Marqué par une tâche de naissance, tout le monde la considère comme une sorcière. La sorcière aurait jeté un sort sur cette terre, tuant ses parents.

Laurel est une des héroïnes de ce roman, très bien écrit, mais qui manque un peu d’action. Elle rencontrera par hasard un joueur de flûte, Walter. A partir de là Laurel espère avoir rencontré un homme qui l’acceptera sans à priori. Isolé de la ville par ce massif rocheux, Laurel, Hank et Walter vont apprendre à se connaître.

J’ai été par moment surpris par le manque de rythme de ce roman qui se lit pourtant très bien. Laurel est une héroïne très intéressante que j’ai beaucoup aimé côtoyer dans ce roman. On imagine avec elle un avenir différent. Loin de ce vallon. Ron Rash écrit encore une fois sur un monde qui disparait. Ici, une ferme, dans un vallon isolé. Je n’ai tout de même pas été complètement convaincu par ce roman qui m’a laissé un petit goût d’inachevé. Cette histoire et ses personnages étaient si beaux, qu’on aurait pu imaginer une autre histoire, un autre livre, un autre destin.

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