Le chuchoteur – Donato Carrisi

le chuchoteurCinq petites filles ont disparu.
Cinq petites fosses ont été creusées dans la clairière.
Au fond de chacune, un petit bras, le gauche.

Ouvrez ce livre… On n’en ressort pas indemne.

C’est incroyable.

On lit souvent ce genre de phrases en quatrième de couverture des romans noirs ou des romans policiers. Ici, je vous assure, cette phrase est totalement sincère. Plusieurs soirs, après avoir lu plusieurs dizaines de pages (j’ai dévoré le livre en quelques jours) j’avais une étrange sensation, j’avais peur de m’endormir, des bruits et des craquements dans la maison m’effrayaient. J’avais envie de fermer les portes à clés, de protéger les gens que j’aime contre les monstres qui peuvent roder dans le noir, tuer, violer, détruire…

Ce livre est pendant plusieurs centaines de pages profondément troublant. L’assassin est tellement doué qu’il a toujours une longueur d’avance sur le travail des enquêteurs. Il conduit les policiers où il veut, de découvertes en découvertes toujours de plus en plus macabres.

Parlons un peu des enquêteurs, une équipe de choc, sous la direction de l’inspecteur chef, Roche, très axé sur la politique, qui pense principalement à son image et aux retombées médiatique. Un criminologue, Goran, embauché par l’équipe de policiers pour les aider, qui dirige un peu le groupe par son aura et ses connaissances. Plusieurs policiers habitués à pourchasser les tueurs en série, Sarah Rosa, Boris et Stern et une jeune enquêtrice, Mila, spécialisée dans les enfants disparus. Elle est parachutée sur cette enquête, devant faire face à l’hostilité de ces nouveaux collègues. Ce personnage de femme flic est rempli de détails, et s’avère très intéressante à découvrir.

L’auteur a vraiment un grand talent. Nous sommes happés par cette enquête. Donato Carrisi ne nous précise jamais où on est. Nous sommes dans un pays inconnu, dans une ville inconnue… Sommes nous en Italie, en France, aux Etats-Unis ou ailleurs ? Jamais on ne saura. Ces manques de repères peuvent accentuer l’impression de malaise.

J’ai beaucoup aimé ce roman et j’ai déjà commandé d’occasion un livre qui reprend certains des personnages. Mais je vais faire une pause, et je ne lirai pas de suite le livre L’écorchée pour laisser retomber la pression. Pendant la lecture j’étais sans cesse à me demander comment le livre allait pouvoir se terminer. Vraiment un roman policier très intéressant, et pourtant je suis un peu déçu par la conclusion. J’ai l’impression qu’il y a des invraisemblances dans ce dénouement alors qu’on avait l’impression que tout était tellement précis et crédible. Il faudrait sans doute que je lise à nouveau ce roman, pour suivre l’enquête en connaissant le fin mot de l’histoire, mais me replonger de suite dans ces horribles crimes et repartir à la rencontre des monstres qu’on nous offre sur un plateau… ça me semble vraiment très difficile !