A bras ouverts – Philippe de Chauveron

Figure de la scène littéraire et médiatique française, Jean-Etienne Fougerole est un intellectuel humaniste marié à une riche héritière déconnectée des réalités. Alors que Fougerole fait la promotion dans un débat télévisé de son nouveau roman « A bras ouverts », invitant les plus aisés à accueillir chez eux les personnes dans le besoin, son opposant le met au défi d’appliquer ce qu’il préconise dans son ouvrage. Coincé et piqué au vif, Fougerole prend au mot son adversaire et accepte le challenge pour ne pas perdre la face. Mais dès le soir-même, on sonne à la porte de sa somptueuse maison de Marnes-la-coquette… Les convictions des Fougerole vont être mises à rude épreuve !

Dans la même veine que Qu’est ce qu’on a fait au bon dieu, A bras ouverts est une comédie sur la différence, différentes cultures, origines, classes sociales… Comme pour le précédent Philippe de Chauveron prépare un film sur un sujet sensible, prenant le risque d’être taxé de racisme (ce qui est évidemment le cas dans de nombreux articles de presse), certaines scènes contre les roms sont limites, ils n’ont en effet peut-être pas besoin d’une comédie stigmatisante, mais selon moi l’humour domine et si certains voient le film d’un mauvais oeil, A bras ouvert pourrait presque au contraire chercher à s’ouvrir à la culture rom, loin des clichés du début du film, la conclusion montre une évolution des personnages.

L’autre, le rom, « l’indésirable » fera évoluer les mentalités de ce couple de bobo, humanistes, mais privilégiés qui redoutent la présence, craignant le vol…

Une scène où on voit le couple ranger dans un placard tous leurs objets précieux avant d’autoriser les roms à utiliser leurs toilettes est révélatrice. Ils se sentent si éloignés de leurs idéaux qu’ils partageaient dans les années 70, ils en prennent conscience, hésitent, pour finalement fermer le placard à double tour.

Christian Clavier fait du Clavier, drôle de l’imaginer en gauchiste révolutionnaire, mèche au vent, à la BHL, mais finalement la mayonnaise ne tourne pas et j’ai passé un agréable moment. Sans plus quand même… Beaucoup de moments sont prévisibles, l’histoire d’amour entre les deux adolescents, on la voit venir dés le premier regard. Le rôle du Marseillais qui utilise les gens du voyage pour se trouver un nouveau pied à terre est à plusieurs aspects bien inutile. Quelques répliques bien senties, mais souvent des lourdeurs et Clavier n’arrive pas à changer de rôle. Des mimiques vues et revues depuis les années 90, toujours pareil.