De rouille et d’os – Jacques Audiard

Ça commence dans le Nord.
Ali se retrouve avec Sam, 5 ans, sur les bras. C’est son fils, il le connaît à peine. Sans domicile, sans argent et sans amis, Ali trouve refuge chez sa sœur à Antibes. Là-bas, c’est tout de suite mieux, elle les héberge dans le garage de son pavillon, elle s’occupe du petit et il fait beau.
A la suite d’une bagarre dans une boîte de nuit, son destin croise celui de Stéphanie. Il la ramène chez elle et lui laisse son téléphone.
Il est pauvre ; elle est belle et pleine d’assurance. C’est une princesse. Tout les oppose.
Stéphanie est dresseuse d’orques au Marineland. Il faudra que le spectacle tourne au drame pour qu’un coup de téléphone dans la nuit les réunisse à nouveau.

Le cinéma de Jacques Audiard est incroyable, des hommes et des femmes aux sentiments bruts, à fleur de peau, le cœur saignant. J’adore ce genre de film et de personnages, brisés par la vie, par les coups du sort, et se relevant…

On rencontre Mathias Schoenaerts, dans le rôle d’un père, loin d’être modèle. Baladant son fils du Nord au Sud, à la recherche d’un foyer, d’un toit, d’un lit, et de confort. La mère l’a abandonné on ne sait pas pourquoi, « Maman reviens quand ? » « Bientôt ! » « C’est quand bientôt? »… Hébergé par sa sœur, caissière dans une grande surface, et son copain « qui se débrouille » avec un camion, déménagements et autres…  Leur vie n’est pas facile mais ils s’en sortent, ils vont faire embaucher Ali comme agent de sécurité, dans un supermarché, puis comme videur de nuit…

Jusqu’à ce que son chemin rencontre celui de Stéphanie, en dresseuse d’orque. Il la raccompagne chez elle en voiture, admirant ses jambes, totalement sous le charme. Elle le rappellera quelques temps après, il y a eu un accident au Marineland, elle a perdu ses jambes. Perdu également gout à la vie, ne pouvant pas être autonome… C’est le comportement de Ali qui lui redonnera le sourire. La possibilité de nager, de s’évader de son fauteuil roulant.

L’autonomie viendra à petit pas, mais les cœurs ne sont pas encore synchronisés, les attitudes irresponsables…

Ce n’est plus en prison que Jacques Audiard nous emporte, mais dans le sud de la France avec des cœurs et des corps bruts, des corps de rouille et des corps d’os. Des vies qui lentement vont se reconstruire, murir. Les graines de la raison et de l’amour vont germer. Mais parfois les os se brisent.

C’est un film âpre, les corps sont filmés en gros plan. Les sentiments aussi du même coup. On ne ressent pas que l’on a des acteurs devant nous, leurs émotions si vives, on est totalement pris dans l’histoire. Et quelle émotion à la fin du film…

De rouille et d’os mériterait la palme d’or. Ou un prix d’interprétation pour un des deux acteurs principaux. Laissons les jurés décider et quoi qu’il en soit réjouissons nous que le cinéma français soit si bien représenté depuis plusieurs années par Jacques Audiard.

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2 réflexions sur “De rouille et d’os – Jacques Audiard

    • Tu aurais tort de ne pas essayer. Ce n’est pas du tout horrible. Tout a un lien. Rien n’est inutile. Bisous. Deu qu’il n’ait pas t rcompens. Vivement les cesars.

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