Une forme de vie – Amélie Nothomb

« Ce matin-là, je reçus une lettre d’un genre nouveau. »

Avec Amélie Nothomb, il y a une règle d’or. Un roman publié par an, et toujours en septembre, lors de la « rentrée littéraire ». Le lecteur est au courant, il attend sa nouveauté.

Un roman par an… cela ne favorise pas toujours l’excellence, c’est pourquoi je me suis un peu lassé après certains de ses livres (petits livres de plus), « petit » rimant souvent avec une lecture très rapide, une heure, une heure et demi au maximum. 150 pages en moyenne… J’aurais presque le temps de le lire à l’intérieur de la librairie. Cela ne m’a jamais bien donné envie d’acheter un grand format. C’est pour cette raison que je suis allé à la médiathèque hier, j’ai pris ses deux derniers Une forme de vie et Tuer le père (que je lirai prochainement), et j’ai voulu lui donner une nouvelle chance.

Une forme de vie m’a donné une très bonne impression dés la première page, la première lettre. Le roman est constitué d’une correspondance de lettres entre Amélie Nothomb, auteure belge, et Melvin Mapple, soldat américain de 2e classe en Irak.

Amélie Nothomb se met donc en scène, nous parle de ses correspondances, des échanges avec des lecteurs parfois envahissants, quelque peu troublants, souvent sincères, et de temps en temps mythomanes. Amélie Nothomb est un événement littéraire à elle seule. Un personnage. Unique.

Ce petit roman remplit le corps du lecteur, le nourrit… alors que Melvin Mapple se « goinfre » pour devenir un obèse « indigné » (puisque le mot est à la mode en ce moment) : Un obèse politique. Un révolté de la guerre en Irak qui trouve dans l’obésité le seul moyen d’entrer en révolte. Amélie Nothomb (le personnage) va apporter sa compassion, son énergie, et sa passion à cet homme. Elle prendra plaisir à cette conversation et dans le même temps nous révélant quelques pépites d’extraits de lettres qu’elle a pu recevoir, des demandes ahurissantes. Ce flot de détails nous met parfois un peu mal à l’aise, on a parfois envie, en tant que lecteur, de parler, de rencontrer les auteurs. Amélie Nothomb nous apprend combien cela peut être dangereux… Comment il faut privilégier la sincérité, sans pour autant trop demander à l’autre. La correspondance pour Amélie Nothomb est un moyen pour découvrir l’autre, d’entrer dans sa sphère.

Amélie Nothomb, son personnage tout du moins, semble être solitaire, privilégiant les échanges écrits que les rencontres face à face. Une sorte de phobie…

La fin tournera court, et sera surprenante comme à chaque fois. Le roman s’achève sur une folie tout à fait Nothombienne. Le thème de l’obésité, devenu récurrent chez Nothomb prend ici une nouvelle dimension. Ce soldat est touchant. L’obésité devient acte militant, on aime les descriptions du gras, les comparaisons, les images parfois perturbantes…

Je suis heureux de l’avoir emprunté, c’est un livre plaisant, pour une fois pas trop tarabiscoté.

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