L’Affaire de Road Hill House – Kate Summerscale

road hillAu cours de l’été 1860, un fait divers atroce bouleverse l’Angleterre, déclenchant à travers tout le pays une hystérie médiatique sans précédent. Qui a tué le jeune Saville Kent, trois ans, dernier-né d’une famille de respectables bourgeois de la campagne anglaise ? Parmi les membres de la famille, chacun semble coupable car chacun a quelque chose à cacher. Immédiatement, les journaux s’emparent de l’affaire, et l’enquête, menée par Jack Whicher, célèbre détective de Scotland Yard, dévoile à tout le pays l’intimité d’une famille au-dessus de tous soupçons. Récit d’un scandale, acte de naissance du pouvoir de la presse, mais aussi du roman policier anglais, L’Affaire de Road Hill House est avant tout une histoire aussi vraie que captivante…

Aux origines du roman policier… l’entête est intrigant, alléchant… Kate Summerscale va nous livrer avec cet épais roman une fouille minutieuse d’une enquête qui a marqué l’époque Victorienne ; un meurtre barbare dans une maison Victorienne, le coupable est dans la maison, les » bonnes » ou les membres de famille ? L’enquête suivra un chemin sinueux, très long, les indices disparaissent, les pièces à convictions demeurent introuvables, les mensonges se succèdent. La vérité ne sortira que lorsque le coupable se dénoncera… pense Mr Whicher.

Whicher est le détective de Scotland Yard (branche de la Metropolitan Police nouvellement créé) qui va enquêter. Issu d’un milieu modeste, son enquête sur une riche famille, fouillant dans leurs secrets le fera passer pour un personnage antipathique aux yeux des Anglais.

Tous les yeux de l’Angleterre suivent petit à petit, fil après fil, l’enquête, car la presse a commencé à prendre son essor. Tous les foyers reçoivent un journal qui raconte l’évolution du meurtre. Tous les anglais ont leur idée sur l’assassin, sur son mobile et ne se gênent pas pour faire des suggestions. L’enquête de la Police doit démêler tout ça, les ragots, les dénonciations malveillantes…

L’auteur Kate Summerscale (que j’ai rencontré lors de la Comédie du Livre) nous plonge dans cette ambiance, nous prend par la main et avec des sources journalistiques ou policières remonte à l’origine du crime. Allant jusqu’à proposer sa théorie à la fin…

Le début est passionnant, on est complètement pris par l’ambiance, un style littéraire journalistique, des descriptions nombreuses et scrupuleusement réelles. Trop peut-être… Le livre souffre un peu selon moi de ces descriptions… Ce que j’ai apprécié en revanche, c’est les petits apartés, les incursions dans la littérature, dans la naissance des héros policiers, de livres écrits à la même époque qui utilisent les personnages de la réalité pour dessiner, pour brosser leurs héros, que les lecteurs reconnaitront.

Le livre est long, l’enquête peine un peu à se conclure selon moi, je me suis lassé au final, car cela n’avançait pas assez vite. Le coupable était connu, son mobile suggéré, mais l’auteur ne s’arrêtait pas. Elle continuait l’histoire de ses personnages, jusqu’à leur dernier souffle.

Et en même temps, également jusqu’à notre dernier souffle. Notre épuisement ! L’Affaire de Road Hill House est un roman intéressant, historiquement parlant, très bonne idée de raconter aux lecteurs du XXIème siècle des anciennes affaires mais peut-être qu’il faudrait prendre une autre approche, moins didactique, moins journalistique, plus rapide, plus succincte…

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