Dans le jardin de la bête – Erik Larson

97827491212841933. Berlin. William E. Dodd devient le premier ambassadeur américain en Allemagne nazie. Originaire de Chicago, c’est un homme modeste et austère, assez peu à sa place sous les ors des palais diplomatiques, qui s’installe dans la capitale allemande. Belle, intelligente, énergique, sa fille, la flamboyante Martha est vite séduite par les leaders du parti nazi et par leur volonté contagieuse de redonner au pays un rôle de tout premier plan sur la scène mondiale. Elle devient ainsi la maîtresse de plusieurs d’entre eux, en particulier de Rudolf Diels, premier chef de la Gestapo, alors que son père, très vite alerté des premiers projets de persécutions envers les juifs, essaie d’alerter le Département d’État américain, qui fait la sourde oreille. Lorsque Martha tombe éperdument amoureuse de Boris Winogradov, un espion russe établi à Berlin, celui-ci ne tarde pas à la convaincre d’employer ses charmes et ses talents au profit de l’Union Soviétique. Tous les protagonistes de l’histoire vont alors se livrer un jeu mortel, qui culminera lors de la fameuse « Nuit des longs couteaux ».

Se plonger dans l’Allemagne Nazie, que ce soit avec Philip Kerr (La trilogie Berlinoise) ou Erik Larson, c’est une épreuve toujours difficile. Stressante. Nous ne sommes pas loin de sentir également la sueur perler le long de notre dos.

Ici dans un roman « documentaire », où tout est vrai, où tout est basé sur des récits, biographies, lettres, discours, etc… On sent petit à petit la peur envahir cette famille d’Américains, pas ordinaire.

Pas ordinaire, car c’est la famille de l’Ambassadeur… Quand je pense aux Ambassadeurs je pense aux Réceptions façon Ferrero Rocher, le luxe, l’argent, les plans de tables, les repas en dix services. L’Ambassadeur Dodd est un original, professeur d’Histoire, aux antipodes des hommes travaillant au département d’Etat, riches, issus de famille aisés… Dodd veut diminuer le train de vie de l’ambassade de Berlin, surtout dans un pays (l’Allemagne des années 30) qui vivote, beaucoup de chômage  peu de ressources, dans ce pays en reconstruction.

La famille Dodd est au départ curieuse et plutôt bienveillante de la politique de Hitler,et de son dévouement pour donner jour à une nouvelle Allemagne. Martha Dodd, la fille de l’Ambassadeur, l’héroïne du roman, aime voir « ses jeunes allemands blonds et musclés suivre le rythme de la cadence des soldats SS ». Au départ séduite par le Nazisme, elle va au fil de ses rencontres avec les hommes politiques allemands, les journalistes correspondants étrangers et des familles allemandes se rendre compte du calvaire, de l’abomination de cette politique et se rapproche petit à petit de l’URSS, le seul pays qui à l’époque lutte contre le Nazisme, pour devenir à la fin de sa vie, une sorte d’agent du KGB, ce qui la fera quitter les Etats Unis. Mais n’allons pas trop vite. 

1933, l’Allemagne est dirigée par un président de la vieille école, Hindenburg, qui va laisser progressivement le champ libre à Hitler, et à ses acolytes, Goebels, Himmler et Goring.

Etant Ambassadeur des Etats Unis les Dodd seront invités à droite et à gauche, côtoieront les dirigeants, dîneront avec Goebels et consorts. La position de l’Ambassadeur Dodd sera de plus en plus difficile à tenir, il vouera une haine au nazisme mais n’était jamais soutenu par sa hiérarchie  qui n’avait comme intention que le remboursement de la dette de l’Allemagne. Ne pas condamner fermement les actes des politiques Nazis pour laisser l’espoir d’un remboursement. Les intérêts des Etats Unis passaient en premier. Les révoltes contre le Nazisme et le traitement faits aux juifs seront aussi souvent minimisés par le département d’Etat.

C’est un document terriblement accablant, on voit comment les Etats auraient pu agir bien plus tôt, combattre le Nazisme lorsqu’il était encore faible, comment ils ont laissé l’Allemagne s’armer à nouveau… Les Etats Unis à cette époque semblaient eux aussi pleins d’antisémites, cela fait également penser au roman Le Complot contre l’Amérique. Si l’histoire de cette époque vous intéresse, vous trouverez ce livre à votre goût.

Néanmoins il faut reconnaître, comme avec l’enquête du meurtre de Road Hill House que j’ai lu précédemment  que ces romans documentaires manquent un peu de rythme, l’action n’est pas construite de la même façon que dans un vrai thriller, ou un roman policier. Les états d’âmes des héros sont un peu trop détaillés. L’auteur s’est appuyé sur de nombreux témoignages, cela va donc de soit qu’on les retrouve, mais je ne lirai pas uniquement ce genre de livre. Il faut varier ses plaisirs.

Ce livre sera probablement adapté au cinéma, Tom Hanks aurait d’ailleurs remporté les droits d’adaptations.

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